1989

Janvier 1989, Assemblée générale de l'Office municipal des Sports.

Ecartés du palmarès panégyrique, à sa propre demande, Jean-Luc Tricoire a prêté main forte à Pierre Laurent, président de l'Office municipal des sports, pour la remise des souvenirs.


Février 1989, Championnats de France à Strasbourg.

Une nouvelle cible, qui ne ressemble pas du tout à un sanglier, de nouvelles lunettes pour de nouvelles règles du jeu. Les adeptes du tir au sanglier courant ne reconnaissent plus leur discipline. Tout a changé ou presque. D'ailleurs, ils ne doivent plus dire "tir au sanglier courant", mais "tir à la cible mobile". Une véritable révolution.

A tel point que Jean-Luc Tricoire, champion du monde et champion d'Europe en titre, a trébuché lors des derniers championnats de France : troisième (611 points, derrière Abihssira et Roubaud, 617 points) et un rôle de figurant pour quelqu'un qui n'avait semble-t-il plus de leçon à recevoir.

Paradoxalement, ce résultat n'est pas catastrophique aux yeux du Châlonnais ; ce n'est même pas une contre-performance, encore moins une déception. Alors que les trois coups européens seront tirés dimanche au Danemark, cette troisième place était pour ainsi dire programmée : "Je ne suis pas surpris. Ces championnats de France ne constituaient pas un objectif. C'était simplement un test" lâche-t-il sans hésitation.

Jean-Luc Tricoire a quand même des circonstances atténuantes à faire valoir. Ce jour-là, il n'avait toujours pas reçu la lunette qu'il avait commandée quelques semaines auparavant aux Etats-Unis. Comme la Fédération française de tir avait finalement décidé de ne pas appliquer le règlement à la lettre, il a composé avec une lunette non-homologuée. Certes sa main n'a pas tremblé mais il a laissé en échange sa précision légendaire au vestiaire.

Le lendemain, le Châlonnais a pris sa revanche et s'est octroyé la première place de l'épreuve de sélection qui sert à désigner les trois ambassaeurs français pour les grandes compétitions internationales. Entre temps, il était bien sûr parvenu à dénicher une bonne lunette. Le secret de cette soudaine réussite. "C'était tout à fait normal. Le matériel dont j'ai disposé pour cette deuxième épreuve était nettement plus performant et tout à fait conforme aux nouvelles dispositions fédérales. Nous ne devons plus utiliser en effet que des lunettes avec un grossissement 4" insiste-t-il.

Il n'empêche que Jean-Luc Tricoire réapprend à tirer. Deux heures à deux heures et demie d'entraînement quotidien. C'est le prix qu'il faut payer pour défendre son titre européen. Ses adversaires consentent les mêmes sacrifices. "On est obligé de travailler plus qu'avant. Il faut qu'on s'adapte".

Ces championnats d'Europe s'annoncent donc très ouverts : "On part vraiment dans l'inconnu. On n'a plus de points de repère et on ne connaît pas pour l'instant les scores que réalisent les autres nations. En tout cas, c'est une belle remise en question". Le Châlonnais compte bien rester dans le cercle fermé des meilleurs spécialistes mondiaux. Encore pendant quatre ans, juste pour prendre un dernier rendez-vous avec les Jeux Olympiques. La seule compétition qui ne lui a pas souri.


Article de Philippe Lyonnet


Mars 1989, Championnats du monde en Yougoslavie

Depuis le changement de sanglier courant vers la cible mobile, l'ensemble des tireurs sont perturbés. "Il faut recommencer tous les réglages et surtout retrouver nos marques et nos points de repère sur la cible et non plus sur la tête du sanglier" explique en effet Tricoire qui a connu bien des difficultés à se réadapter. Sa plus mauvaise place aux championnats de France (troisième) et sa contre-performance aux chammpionnats d'Europe à Copenhague à la fin du mois de février (28ème avec 508 points sur 600) en témoigne aisément.

"A cause d'un mauvais choix de matériel, on est parti avec cinq mois de retard sur nos adversaires" regrette Tricoire, qui fort heureusement, a retrouvé, depuis, toutes ses sensations. Ainsi au cours d'un stage à Colorado Springs aux USA, il a remporté les trois matches contre l'équipe des Etats-Unis en établissant un nouveau record de France avec 562 points à six points du record du monde (568 points par un Hongrois). "Avant tous les changements de cette discipline, le record du monde était de 594 points" fait remarquer Tricoire pour bien montrer les difficultés enregistrées depuis par l'ensemble des tireurs.

A la suite de ce stage, l'équipe de France s'est rendue au Guatémala pour disputer la Coupe du monde où au tir à 10 m olympique, Jean-Luc Tricoire s'est classé deuxième (544 points) derrière le Hongrois Solti, l'un de ses vieux adversaires.

Revenu en France pour un nouveau stage préparatoire à Strasbourg et pour une brève apparition à Châlons, Tricoire est donc parti en Yougoslavie où il va disputer individuellement et par équipes ces championnats du monde de tir sur cible mobile. "Par équipe, on risque d'avoir de bons résultats" dit-il. Mais il espère bien également réussir la compétition individuelle. Pour confirmer ses deux précédents titres mondiaux à 10 m à Edmonton et à Budapest. Pour prendre sa revanche de Séoul (mais c'était à 50 m). Pour se rassusser définitivement dans l'optique (déjà) de Barcelone en 1992.


Article de Jacques Valentin


Les sportifs de haut niveau marnais reçu par le préfet.
1989, Championnats d'Europe 50 m en Yougoslavie

Jean-Luc Tricoire est vice-champion d'Europe avec 394 points sur 400 (mixte), il établi ainsi un nouveau record de France. En 50 m 30+30, Tricoire arrive 7ème avec 589 points sur 600.


Aout 1989, Championnats de France 50 m à Gien

En 30+30, l'équipe châlonnaise conquit le titre avec un total de 1682 points. Jean-Luc Tricoire se classe deuxième avec 584 points. En 50 m mixte, l'équipe est toujours première avec 1117 points. Tricoire, en individuel, arrive deuxième avec 379 points.


Octobre 1989, Médaille de la Jeunesse et des sports

Jean-Luc Tricoire se voit attribuer la médaille d'argent de la Jeunesse et des sports.


Visite de Nelson Paillou à Epernay.

Tricoire prépare ses 3èmes JO

Dans la discipline du tir sur cible mobile, les dirigeants des Fédérations ont retenu les deux noms de Jean-Luc Tricoire et du Marseillais David Abihssira. "Pour les faire travailler tous les deux, nous allons organiser régulièrement des petits stages" explique l'entraineur national de cette discipline Bernard Gasquet, venu à Châlons à l'occasion de l'un de ces stages pour lesquels il a également associé les tireurs Jean-Marc et Pascal Chartron.

Avec un nombre restreint de participants et des moyens vidéos indispensables, ces stages vont permettre un travail technique de qualité, "un travail très fin pour essayer de gratter le point ou les quelques points qui font la différence au niveau international."

Bien sûr, ces stages vont déjà préparer la saison à venir avec, outre les championnats de France, ceux d'Europe aux Pays-Bas, les coupes du monde (Guatemala, Mexique et Los Angeles d'abord, Munich et Suhl ensuite), et surtout les championnats du monde à Moscou au mois d'août. Et surtout les résultats de ces compétitions seront qualificatifs pour les JO.

Déjà sélectionné pour Los Angeles en 84 et Séoul 88, où il avait fait le meilleur score de sa saison, Jean-Luc Tricoire veut réaliser la passe de trois participations et réussir à Barcelone son meilleur résultat.

"Tricoire a une énorme organisation mentale, très simple mais très efficace apprécie Bernard Gasquet, et après un passage difficile (changements matériels), il doit retrouver ses marques, ses sensations et toutes ses qualités."

Une énorme confiance habite en effet l'entraîneur national. "Avant les modifications, il était le meilleur tireur à cette distance. Quand son circuit mental sera refait complétement, après toutes les adaptations nécessaires dues aux changements, il va retrouver son niveau." Et Bernard Gasquet d'ajouter : "Dans cette discipline à 10m, Jean-Luc va faire mal. Barcelone, c'est SA chance."


Article de Jacques Valentin