1990

Aout 1990, Championnats du monde

Jean-Luc Tricoire arrive 40ème avec 534 points. "J'ai été perturbé par les nouvelles cibles électroniques, mais ce n'est pas une excuse. Je n'ai jamais été dans le coup". En équipe, la France arrive 10ème.

Tricoire vise Barcelone


La réglementation est claire : une sélection olympique s'obtient par une place dans les trois ou quatre premiers aux championnats d'Europe ou du monde, par une victoire en coupe du monde ou une place derrière un tireur déjà sélectionné.

Ces quotas doivent être obtenus avant la fin 91. Jean-Luc Tricoire rêve d'une troisième participation olympique. Mais il y a eut du changement.

"C'est presqu'une nouvelle discipline", reconnait Tricoire qui a vécu, comme beaucoup d'autres tireurs, une très difficile année d'adaptation.

Il a même connu une année très noire sans aucun résultat à 10 m. Avec une compensation pourtant : sa belle 2ème place aux championnats d'Europe à 50 m a démontré, fort heureusement, qu'il conservait ses qualités de calme et de précision.

Tricoire a alors remis cent fois son ouvrage sur le métier. Pour travailler cette quasi-nouvelle discipline. Pour s'entrainer d'arrache-pied. Pour se forger de nouveaux réflexes et acquérir de nouvelles certitudes : "Ca va beaucoup mieux car je sens qu'il ne me manque plus grand chose", admet-il, "je me sens capable de faire mieux".

Les sensations sont donc revenues. Jean-Luc Tricoire a retrouvé le haut niveau d'autrefois : "A l'entrainement, ça va. Il faut maintenant que je confirme en compétition. Et en particulier en éliminant les vieux réflexes qui reviennent dans les moments importants".

Ses derniers résultats prouve que l'ancien double champion du monde est sur la bonne voie. Après un passage à vide aux championnats de France de Cholet (3ème avec 532 points loin derrière le vainqueur Abihssira 557 points et le second, le Rémois Jean-Marc Chartron 537), Tricoire a réussi de brillantes sélections nationales en établissant un nouveau record de France avec 565points.

Les portes internationales lui ont de nouveau été grandes ouvertes. Première destination : les championnats d'Europe à Amhem (Pays-Bas). "Je me suis classé 8ème avec 560 points d'une compétition remportée par le Norvégien Heistad (566 points) devant l'Allemand Jakosits. C'est bien pour une rentrée européenne".

Trois coupes du monde se sont enchaînées ensuite. Au Guatemala: 6ème avec 549 points derrière l'Allemand Jakosits, 578 points, nouveau record du monde. A Mexico : 8ème avec 543 points, "j'ai fait un zéro car je n'avais pas vérouillé la culasse et le plomb n'est pas parti" avoue-t-il simplement. A Los Angeles enfin : 5ème avec 560 points : "Je ne suis pas mécontent de l'ensemble de ces résultats", reconnait le Châlonnais qui, à 37 ans, conserve toute sa passion pour sa discipline.

Mais Tricoire n'a pas encore acquis son billet pour Barcelone. Les prochaines coupes du monde en mai à Suhl (RDA), à Munich et à Zurich et surtout les championnats du monde, cet été à Moscou, lui permettront peut-être de l'obtenir dès cette année. Et à tout le moins, de confirmer qu'il a bien retrouvé le top-niveau.


Article de Jacques Valentin