1992

 Juin 1992, les sportifs de haut niveau récompensé au Conseil général

Juillet 1992, Championnat de France 50 mètres, Versailles

C'est le T.N.V. qui accueillait, cette année, les Championnats de France de Cible Mobile 50 mètres, du 1er au 5 juillet.
La participation, il fallait s'y attendre, n'était pas une des plus fournies que nous ayons connues. Vingt et un tireurs (dont quatre cadets/juniors).

Deux épreuves au programme, dans l'ordre chronologique :
- Mixte (20 + 20 coups) et,
- "ex-olymplque” 30 + 30 coups.



D'entrée, les "anciens" donnaient le ton : Tricoire (192) et Abihssira (191) prècédaient Tondu de quelques longueurs (187). Plus loin derrière : Michoux, Jean-Marc Chartron, et Metzger. L’après-midi, le niveau de la deuxième passe montait d'un cran, mais les meilleurs scores toujours à l’actif de Tricoire et Abihssira : 193. Le châlonnais l'emportant donc finalement sur le marseillais d'un petit point (385 contre 384). Pour la troisième place, Jean-Marc Chartron produisait également une passe de haute qualité: 193, qui lui permettait de battre Metzger (pourtant auteur d'un bon 189) de cinq bonnes longueurs : 375 contre 370.

Par équipes, la S-M.T. Châlons sur Marne (avec Tricoire, Chartron et Laurence Deguerne) l'emporte nettement devant Chalon sur Saône (Metzger, Laissu, Conceicao) : 1116 contre 1091. Troisième : La Berrichone de Gien.

Lendemain matin : vitesse lente du match 30 + 30. Tricoire et Abihssira se retrouvent une nouvelle fois, roue dans roue, et au commandement (293 et 294). Mais bien accrochés par Tondu, qui nous rappelle, avec 292, qu'il a été un des plus sûrs espoirs de sa génération…

La dernière journée, en vitesse rapide, va clarifier tout cela, malheureusement pour certains :
- David Abihssira va lâcher pied : 284 ne lui laisse que la deuxième marche du podium, exactement comme en Mixte. Avec un total de 578, loin de son meilleur niveau. Mais il m’a avoué qu’il s'était entraîné, en tout et pour tout, cinq fois…
- Tricoire : 291 en vitesse rapide lui permettent de terminer avec un total de 584 et de remporter son deuxième titre en trois jours.
- Le troisième sera Philippe Tondu, qui tirera 280 en vitesse rapide : 572 n’est pas loin de ses meilleurs scores d'il y a quelques années, à l'époque où il était encore junior... Suivent, dans l'ordre, Brochard, Laissu, Chartron et Michoux. 


Article de Bernard GASQUET (les Cahiers du pistolier)


 Juillet 1992, avant le départ pour les JO

"A Séoul, il m'a manqué 2 points pour faire la finale. J'ai vraiment eu les boules...", se rappelle Jean-Luc Tricoire. "Ca se joue à rien ou presque. A partir du moment où on est sélectionné, tout le monde a les moyens de gagner. Le problème est d'être là, au jour J, à l'heure H. Il ne faut pas se laisser prendre par le stress. La différence se fera à ce niveau, à celui qui arrivera le mieux à décompresser".

Ce à quoi s'attachera le Châlonnais. Dès aujourd'hui puisqu'il prend la direction de l'Espagne "l'esprit libre" pour se présenter "décontracté" les 31 juillet et 1er août, jours des compétitions.

"Ne pas être favori est un avantage. Je préfère être tranquille dans mon coin. Regardez ce que ça avait donné à Séoul. Tout le monde m'attendait et c'est finalement un Norvégien qui l'a emporté alors qu'il avait bénéficié d'une wild-card (invitation) pour pouvoir participer...".

"La seule médaille qui me manque"


La pression et le rôle de favoris, Jean-Luc Tricoire les laisse aux Tchécoslovaques, actuels champions du monde individuels et par équipe, et autres spécialistes voir professionnels que sont les Hongrois, Russes, Chinois et Allemands.

Car la France ne figure qu'au 6ème rang mondial et qu'il sera le seul représentant hexagonal dans cette discipline, sur les 16 tireurs tricolores sélectionnés au total. Et puis parce qu'il reconnaît qu'il lui "manque un an pour être performant à 100%".


La faute à une réglementation qui a "tout changé" en 89, que ce soit l'arme, la lunette, la cible... "C'est une nouvelle technique, une autre discipline même : il a fallu effacer tous les automatismes pour réapprendre. Cela demande un long temps d'adaptation. Je suis revenu à niveau mais ce n'est pas encore tout à fait ça... Barcelone arrive un peu tôt".

Ce qui ne l'a pas empêché de décrocher 4 nouveaux titres - individuel et par équipe - de champion de France il y a 15 jours à Versailles.


Avant son départ pour Barcelone, Jean-Luc Tricoire a été reçu dans le grand salon de l'Hôtel de ville, afin de recevoir un tee-shirt à l'emblème de la ville.
Jean-Luc voudrait enfin chasser le "mauvais oeil"...

Jean-Luc Tricoire à Barcelone

Après les Jeux Olympiques...

Les Jeux Olympiques se vivent avec passion, avant de se savourer avec délectation. Pour Jean-Luc Tricoire l'essentiel après tout, était de bien participer, en tout cas se donner à fond pour éviter les regrets.

Le trac se superposant aux ambitions, la concurence étant beaucoup plus redoutable, donner le meilleur ne signifie pas décrocher la gloire. Les JO ce n'est pas du gâteau.

Jean-Luc Tricoire avait une revanche à prendre. Sur lui-même et sur le sort. Dixième en 1984 à Los Angeles, Onzième à Séoul, le tireur sur cible mobile à 10 ou 50 m rêvait d'une finale olympique.

A 39 ans, le Châlonnais participait sans doute à ses derniers JO et il aurait sans doute souhaité échanger quelques-uns de ses 28 titres de champion de France, de ses multiples victoires en coupe du monde ou même ses deux titres mondiaux, pour une médaille olympique, "la seule qui manque à mon palmarès".

Qu'importe le métal, Tricoire voulait l'ivresse d'un couronnement olympique. Une fois de plus, il a échoué non sans avoir donné le meilleur de lui-même. Mais le tireur aux trois Olympiades aura une fois de plus fait preuve d'une grande détermination. Sa régularité au plus haut niveau mondial lui a valu les honneurs et la reconnaissance d'un milieu sportif toujours tendre avec les acteurs d'une discipline très peu médiatique.


TROIS QUESTIONS A JEAN-LUC TRICOIRE


A Barcelone, Jean-Luc Tricoire a participé à ses troisièmes JO. Il finit seulement 24ème sur 26 avec 513 points, loin de son record de France 569 points.


Que s'est il passé pour un tel résultat, une telle contre-performance ?

Je n'étais pas dans le coup. J'étais pourtant bien préparé. Mais une accumulation de différents petits doutes et de problèmes matériels avant les jeux ont tout perturbé. A l'entraînement et même à l'échauffement ça allait bien. Et au moment de la compétition, j'ai pris la pression. Dès la première balle, le coup est parti sans que je le veuille. L'horreur ! Un deux. Je ne suis jamais revenu ensuite dans la compétition. Je suis très déçu. C'est aussi dur à assumer. Et beaucoup de travail pour en arriver là...


Est-ce que cela remet en cause la suite de votre carrière ?

Pas du tout. Je n'arrête pas là. J'avais voulu prendre ces Jeux comme une autre compétition, pour éviter le stress. Ca a été parfait jusqu'à l'épreuve, mais là j'ai pris la pression. Je vais donc continuer pour essayer de participer à Atlanta, à mes quatrièmes jeux olympiques. Ceux de Barcelone arrivaient presque trop tôt. Car après le changement de matériel et de distance, il a fallu tout réapprendre. Et je ne suis pas encore au top.


Revenons à ces jeux. Quelles sont les images que vous en gardez ?

Un souvenir de jeux très bien organisés avec une vie agréable au village. Pendant les jeux, je suis resté juste une semaine à Barcelone et j'ai été pris par le tir. Dans les autres disciplines, je n'ai pas vu grand-chose. Juste la finale du 100 m : c'est impressionnant. Sinon, les deux images que je garderai proviennent de la cérémonie d'ouverture : le drapeau qui recouvre l'ensemble des délégations et surtout la flèche qui allume la flamme olympique.


Octobre 1992, Concours de la SMTC à 10 mètres

De nombreux tireurs régionaux mais également des clubs des régions limitrophes comme Bar-le-Duc, Etain ainsi que Versailles, Pontoise, Châlon-Sur-Saône et même de Bordeaux se sont affrontés amicalement.

Sur cible mobile, la victoire, sans surprise, est revenue à Jean-Luc Tricoire (555 points), sélectionné olympique aux derniers Jeux de Barcelone.