Hommage


Juin 2010
Emporté par une grave maladieUn champion châlonnais s'est éteint.

C'était un père de famille, agent de fabrication dans l'industrie locale, à la Saf (Soudure autogène française). Mais c'était aussi un sportif auquel ses patrons devaient accorder des congés pour qu'il puisse participer aux plus prestigieuses compétitions.  Il s'est éteint mercredi à la suite d'une longue maladie à l'âge de 57 ans.  Avec 46 titres de champion de France, 2 titres de champion du monde de tir au sanglier courant, un autre de champion d'Europe et une triple participation aux Jeux olympiques (en 1984, 88 et 92), Jean-Luc Tricoire avait su se faire reconnaître dans une profession trop peu pratiquée en France à son goût : le tir sur cible mobile. 


Minute de silence  


Il racontait en 1994 sa découverte de la discipline : "Moi, je faisais du match anglais (60 coups en position "couché") et du debout depuis quatre ans. Je ne me débrouillais pas mal, mais lorsque j'ai essayé la cible mobile, j'ai compris que c'était mon truc. J'ai accroché tout de suite. Les résultats venant, c'est devenu ma discipline exclusive. " Et quels résultats ! Il est devenu, avec son camarade Patrice de Mullenheim, la figure de proue du sport châlonnais et en particulier de la Société mixte de tir de Châlons.  Celle-ci, bien qu'elle exhibe fièrement ses " deux grands champions " sur son site, s'est refusée à tout commentaire sur le défunt. Le milieu sportif châlonnais a cependant voulu marquer son émotion. Hier, une minute de silence en l'honneur du tireur a été observée à l'assemblée générale de l'ASPTT.  De son côté, Bruno Bourg-Broc, maire de Châlons, a exprimé ses regrets : " Au-delà de ses succès sportifs, Jean-Luc Tricoire était quelqu'un resté très simple et sympathique. C'est une grande perte pour le sport et pour Châlons. "
Avec le décès de Jean-Luc Tricoire, la Champagne-Ardenne perd l'un de ses champions les plus titrés.  International à vingt-deux reprises, le licencié de la Société Mixte de Tir de Châlons totalise trois participations aux Jeux Olympiques (Los Angeles 1984, Séoul 1988 et Barcelone 1992) mais aussi deux titres de champion du monde de tir au sanglier courant en 1983 et 1987, un titre européen en 1988 et onze titres de champion de France à la cible mobile mixte.  La dernière grande compétition de Jean-Luc Tricoire remonte à 2002, aux championnats d'Europe organisés à Bordeaux. Ouvrier à la Soudure Autogène Française à Châlons, Tricoire, 57 ans, participait encore aux championnats de France pour son plaisir. Souffrant du foie, il était dans l'attente d'une transplantation. Il laisse son épouse, Roseline, et ses trois garçons, mais aussi tous ses amis de la SMTC, club où il avait pris sa première licence en 1967 et où il avait débuté la compétition en 1978. À tous ses proches, notre journal adresse ses sincères condoléances.


Fin juin 2010, lors des championnats de France à 50m à Gien, à la demande du Président du Club de GIEN, Didier MICHOUX, une minute de silence à été observée en mémoire de Jean-Luc Tricoire, qui comptait nombre d'amis parmi les tireurs cible Mobile.


En 2011, le Stand Edmont Barat à Châlons en Champagne inaugure une plaque commémorative à l'entrée du pas de tir du 50mètres.   


9 juillet 2012, La grande famille du sport honore ses disparus 


En baptisant trois installations sportives, la Ville de Châlons souhaitait rendre hommage à trois grandes figures qui ont contribué à faire rayonner la capitale régionale. 

Aussi, trois inaugurations viennent de se suivre, moments gorgés d'émotion avec les familles et/ou amis de ces sportifs défunts et figures emblématiques. Avenue du Parc des expos, le gymnase porte désormais le nom de Jean-Luc Tricoire. Sa veuve Roseline et ses trois fils David, Fabien et Steve avaient fait le déplacement pour cette manifestation forte en symbole. Des yeux embués lorsque la plaque a été dévoilée… Jean-Luc Tricoire, décédé le 23 juin 2010, l'un des champions les plus titrés de Champagne-Ardenne, tireur français spécialiste de la cible mobile, méritait amplement une telle attention au regard de son époustouflant parcours : international à 22 reprises, trois participations aux JO de Los Angeles 1984, Séoul 1988, Barcelone 1992, mais également deux titres de champion du monde de tir au sanglier courant en 1983 et 1987, un titre européen en 1988 et 11 titres de champion de France à la cible mobile.



Licencié de la société mixte de tir de Châlons depuis 1977, Jean-Luc Tricoire avait débuté la compétition en 1978. De nombreux Châlonnais se souviennent de ce champion. Dans le gymnase qui porte maintenant son nom, une salle de musculation a également été inaugurée afin de rendre hommage à Maurice Rabot, disparu en 1996. Il fut l'entraîneur des lutteurs du COC qu'il emmena sur les trois marches du podium lors des championnats de France de 1954.



Moment fort en émotion également pour la veuve et les petits-enfants de Michel Pierson dont la salle porte désormais le nom. Figure emblématique du foot châlonnais.

Article de David ZANGA    


Eté 2012, JO : une exposition en l'honneur des Châlonnais

L'Hôtel de Ville de Châlons-en-Champagne accueille une exposition retraçant l'histoire de l'Olympisme dans la ville, à travers les sportifs qui ont participé aux épreuves et le passage de la Flamme olympique dans la cité.
Louis Bozon, les frères Lauvaux et Jeannet, Jean-Pierre Boulard, Jean-Luc Tricoire …Châlons a gagné plusieurs médailles au fil des ans.




Aout 2012, Patrice de Mullenheim parle de Jean-Luc Tricoire

«PAUVRE Jean-Luc. La ville a eu raison de donner son nom au gymnase Croix-Dampierre. Lui, c'était vraiment un tireur extraordinaire. A son palmarès, il ne lui a manqué qu'une médaille olympique. Ses titres de champions de France, on ne les compte plus. Et il a été champion d'Europe et deux fois champion du monde. Et puis c'était un vrai Châlonnais en plus ».


L'hommage d'un sportif d'exception Patrice De Mullenheim envers un autre sportif d'exception, Jean-Luc Tricoire, aujourd'hui disparu. Tous deux ont porté les couleurs de Châlons en équipe de France de tir : le premier à la carabine à dix mètres, le second sur cible mobile. Le premier signant deux olympiades, Munich (72) et Montréal (76) le second en assurant trois, Los Angeles (84) Séoul (88) et Barcelone (92).

Le tireur Châlonnais a remisé depuis longtemps ses fusils de compétition. Pauvre Jean-Luc répète t-il aujourd'hui devant la double vitrine consacrée à son pote tireur : « C'est moi qui l'ai amené au tir ». Il se souvient d'une trouvaille technique qu'il avait eue quant au canon de la carabine, trouvaille qui finalement s'était révélée ne pas convenir à la carabine à dix mètres : « Je l'ai passée à Jean-Luc Tricoire pour le tir sur cible au sanglier courant. Il est devenu champion d'Europe avec!».

Article de Fabrice Minuel